RIA, PIA, enrouleur : trois équipements distincts
Trois familles sont couramment appelées « enrouleur incendie » et ne répondent ni aux mêmes normes ni aux mêmes besoins.
Le RIA, robinet d’incendie armé, est un équipement fixe à tuyau semi-rigide, relié en permanence au réseau d’eau, destiné à une première intervention par le personnel présent. Il relève de la norme EN 671-1, en DN 19, 25 ou 33.
Le PIA, poste d’incendie additivé, reprend le même principe en y ajoutant un émulseur pour produire de la mousse. Il s’impose là où l’eau seule est inefficace ou aggravante : hydrocarbures, solvants, stockages de liquides inflammables.
L’enrouleur incendie est une bobine industrielle destinée à l’alimentation ou au lavage sous pression, sans le caractère réglementaire du RIA. On l’emploie sur véhicules, en complément d’installation ou en poste d’eau de sécurité.
La confusion coûte cher dans les deux sens : installer un enrouleur industriel là où la réglementation attend un RIA n’apporte aucune conformité, et installer un RIA là où un poste d’eau suffirait immobilise un budget sans bénéfice.
Pourquoi le tuyau semi-rigide change tout
Un tuyau plat doit être entièrement déroulé avant d’être mis en eau. Le tuyau semi-rigide du RIA, lui, conserve sa section même enroulé : il peut être mis sous pression alors qu’une partie seulement est sortie. C’est précisément ce qui rend possible une intervention immédiate par une personne seule, sans manœuvre préalable.
Cette propriété impose en contrepartie un dévidoir à axe creux avec joint tournant permanent, et un dévidoir pivotant permettant de tirer le tuyau dans toutes les directions depuis son logement.
Choisir le diamètre
Le DN 19 couvre les risques courants et reste maniable par une personne seule. Le DN 25 apporte un débit supérieur pour des risques plus importants ou des distances plus longues. Le DN 33 se réserve aux risques élevés.
Le choix ne se fait pas au confort : il découle de l’analyse de risque de l’établissement, qui détermine aussi le nombre de postes et leur implantation. Un poste correctement dimensionné mais encombré ou masqué ne remplit pas sa fonction — la signalisation et l’accessibilité font partie intégrante de la conformité.
Le tuyau plat : deux besoins que rien ne relie
Le tuyau plat d’incendie s’aplatit à vide et doit être entièrement déployé avant la mise en eau. Cette contrainte, qui l’écarte du RIA, n’en fait pas pour autant un sujet secondaire : il faut le ranger, le transporter et le remettre en état après usage. Deux familles d’appareils y répondent, et elles n’ont rien de commun.
Ranger et déployer : le dévidoir sans raccord tournant
Puisque le tuyau plat n’est jamais mis sous pression enroulé, son support n’a pas besoin de joint tournant. C’est ce qui distingue un dévidoir de stockage d’un enrouleur au sens propre : pas de passage d’eau à travers l’axe, donc pas de pièce d’usure hydraulique, et une capacité bien supérieure à diamètre de bobine égal.
On retrouve cette construction sur les véhicules et les postes fixes, pour les tuyaux de refoulement à raccords symétriques comme pour les longueurs de réserve. La série 3000 Hannay et les enrouleurs de stockage Coxreels relèvent de cette catégorie.
Remettre en état : la machine à rouler
Après intervention, un tuyau plat doit être vidé, séché puis réenroulé proprement. Fait à la main, c’est long, physique, et le résultat est irrégulier — un tuyau mal roulé se déploie mal à l’usage suivant.
Les machines à rouler électriques traitent cette opération en quelques dizaines de secondes et rendent un rouleau régulier, prêt à être rangé. Le catalogue en compte trois exécutions : l’ET-Roller 6 jusqu’au A110, l’ET-Roller 7 jusqu’au 6 pouces sur châssis à quatre roues, et un chariot enrouleur manuel pour les besoins ponctuels.
Le critère de choix est le diamètre maximal du tuyau à traiter, puis la mobilité attendue : poste fixe en centre de secours, ou machine roulante suivant les équipes.
Le poste à tuyau plat n’est pas un RIA
Il existe aussi des postes fixes à tuyau plat, relevant de la NF EN 671-2 quand le RIA à tuyau semi-rigide relève de la 671-1. Ils ne s’y substituent pas : leur mise en œuvre suppose un déploiement complet préalable, donc du temps et généralement deux personnes. Le choix entre les deux se décide à l’analyse de risque, pas au catalogue. Les textes applicables sont détaillés dans notre fiche sur les normes RIA.
Bas ou moyen foisonnement : le critère est la géométrie du risque
Le foisonnement est le rapport entre le volume de mousse produit et le volume de solution moussante qui l’a produite. Sur un poste de première intervention, deux familles seulement sont en jeu : le bas foisonnement, rapport inférieur à 20, de l’ordre de x10 sur les lances de PIA, et le moyen foisonnement, rapport de 20 à 200, de l’ordre de x70. Au-delà de 200, le haut foisonnement relève de générateurs fixes, pas d’un poste.
Le choix ne se fait pas sur la puissance mais sur la géométrie du risque : un risque ouvert et exposé au vent appelle du bas foisonnement, un volume à noyer appelle du moyen foisonnement.
- Bas foisonnement — mousse dense, peu sensible au vent, projetée loin : 24 m en jet droit sur un PIA DN 33 R. Pons. Elle s’étale sur une nappe de liquide en feu et tient sous le rayonnement. C’est le choix des aires de dépotage, des quais extérieurs et de toute surface libre qu’il faut couvrir à distance.
- Moyen foisonnement — volume de mousse bien supérieur pour la même quantité d’eau et d’émulseur, mais portée réduite : 6 m sur le même poste. C’est le choix des fosses, des caniveaux techniques, des locaux fermés et des rétentions profondes, c’est-à-dire de tout ce qui se remplit au lieu de se couvrir.
Une cuvette de rétention relève des deux cas selon sa forme : ouverte, ventée et attaquable depuis le bord, elle se traite en bas foisonnement ; profonde, confinée ou inaccessible de près, elle se noie en moyen foisonnement. La lance est choisie à la commande — chaque exécution a son propre code article — de sorte qu’un site qui présente les deux configurations se traite par le nombre de postes, pas par la lance.
Le dosage est indépendant du foisonnement : selon l’exécution, le robinet doseur du prémélangeur se règle sur 0 et 3 %, ou sur 0, 3 et 6 %. La position 0 % permet d’utiliser le poste à l’eau claire.



