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Normes RIA : quels textes s’appliquent et ce qu’ils imposent

Un robinet d’incendie armé relève de plusieurs textes qui ne disent pas la même chose et ne s’adressent pas aux mêmes personnes. L’un décrit l’appareil, un autre l’installation, un troisième la maintenance, un quatrième l’obligation réglementaire. Les confondre conduit à commander un matériel conforme dans un réseau qui ne l’est pas.

Quatre familles de textes, quatre rôles

TexteCe qu’il régit
NF EN 671-1L’appareil lui-même, en exécution à tuyau semi-rigide : conception et performances. C’est la norme du RIA au sens courant.
NF EN 671-2Le même équipement en exécution à tuyau plat, c’est-à-dire les postes d’incendie additivés et les dévidoirs à tuyau souple.
NF EN 671-3La maintenance des deux précédents.
NF S 62-201Les règles d’installation et de maintenance côté français : classes de risque, choix du diamètre, implantation, essais, réception.
Règle APSAD R5Le référentiel des assureurs. Ce n’est pas une norme mais un cadre contractuel, qui renvoie à la NF S 62-201 tout en imposant ses propres exigences d’installation et de vérification.
Articles MS 14 à MS 17Le règlement de sécurité contre l’incendie dans les ERP : composition, implantation, alimentation en eau et vérifications périodiques.

La distinction pratique tient en une phrase : la norme européenne dit ce que l’appareil doit valoir, le texte français dit où le poser et comment le raccorder, le règlement ERP dit quand il est exigible.

Le diamètre se déduit de la classe de risque, pas de l’habitude

Trois diamètres nominaux existent : DN 19/6, DN 25/8 et DN 33/12. Le second nombre est le diamètre de l’orifice de la lance, en millimètres.

La NF S 62-201 distingue trois classes de risque selon le potentiel calorifique des produits fabriqués, entreposés ou utilisés, et fait correspondre à chacune un diamètre minimal. Les DN 19/6 et DN 25/8 ne valent que pour les risques de classe 1, le DN 19/6 étant réservé aux potentiels calorifiques les plus faibles. Pour les classes 2 et 3 et pour les risques spéciaux, seul le DN 33/12 est retenu.

C’est le point qu’on voit le plus souvent manqué : un DN 25 posé dans un entrepôt parce que c’est le modèle courant, alors que la classe de risque appelait un DN 33.

Ce que l’implantation impose

L’axe de la bobine se situe entre 1,20 m et 1,80 m du sol, et les abords restent constamment dégagés — un RIA encombré est un RIA hors service.

La couverture est le second critère : l’implantation doit permettre d’atteindre tout point de la surface du niveau, le nombre de jets exigé dépendant de la classe de risque. Les tuyaux se déclinent en 20 ou 30 mètres selon les installations, ce qui fixe la maille du réseau.

Enfin l’alimentation reste en charge en permanence, y compris hors horaires d’exploitation, et le règlement ERP fixe une pression dynamique minimale de 2,5 bar au RIA le plus défavorisé. C’est le RIA le plus éloigné et le plus haut qui commande le dimensionnement de tout le réseau, pas le plus proche du surpresseur. Attention : ce plancher réglementaire ne suffit pas toujours à l’appareil retenu, comme le montre la section suivante.

Le débit ne se lit pas dans la norme, il se lit sur l’appareil

Le débit d’un RIA dépend du diamètre nominal, de l’orifice de la lance et de la pression réellement disponible à l’appareil. Les valeurs qui circulent sur le web pour un même DN varient du simple au double selon la pression retenue et la source citée.

Le débit exigible relève de l’étude hydraulique de votre installation : pression statique et dynamique, pertes de charge, nombre de RIA à faire fonctionner simultanément et durée. Cette étude n’est pas une formalité, c’est elle qui détermine le diamètre des canalisations et la nécessité ou non d’un surpresseur.

Une donnée le montre mieux qu’un raisonnement. Voici les valeurs certifiées du RIA pivotant EUR 9 de R. Pons, telles que le constructeur les déclare au titre de l’EN 671-1:2012, avec ses numéros de déclaration de performance et de certification NF.

ExécutionDiffuseurPression mini de servicePression maxiDébitPortée jet droitPortée jet diffusé
DN 25/8EUROPONS DMFA3,5 bar12 bar56 l/min14 m8 m à 45°
DN 25/8HUGJET DFMb3,5 bar12 bar62 l/min15 m11 m à 90°
DN 33/12EUROPONS DMFA3 bar7 bar132 l/min15 m8 m à 45°
DN 33/12HUGJET DFMb3 bar7 bar133 l/min21 m13 m à 90°

Trois enseignements s’y lisent. Le diffuseur change le débit à diamètre égal : 56 ou 62 l/min sur le même DN 25, et la portée passe de 14 à 21 mètres en DN 33 selon la lance montée. La pression maximale de service diminue quand le diamètre augmente : 12 bar en DN 25, 7 bar en DN 33. Et surtout, la pression minimale de service exigée par le constructeur dépasse le minimum réglementaire : 3 bar en DN 33, 3,5 bar en DN 25, quand le règlement ERP se contente de 2,5 bar. Or les deux valeurs se mesurent au même endroit, à l’entrée du RIA le plus défavorisé en régime d’écoulement. Un réseau calculé au ras des 2,5 bar est donc réglementaire, mais il ne délivre pas le débit certifié de l’appareil qu’on y raccorde.

C’est aussi pourquoi les tableaux de débits qui circulent en ligne se contredisent : ils annoncent une valeur par diamètre sans dire à quelle pression ni avec quelle lance. Reportez-vous aux valeurs constructeur de l’appareil retenu — voir les RIA R. Pons et les matériels POK, dont la gamme type EDF en DN 33 se livre en 30 ou 40 mètres avec raccords Guillemin.

La maintenance est une obligation, pas une option

La vérification est annuelle et relève d’un technicien compétent, avec mesure des débits et des pressions. Elle s’appuie sur la NF EN 671-3 pour l’appareil et sur la NF S 62-201 pour l’installation. Entre deux vérifications, l’exploitant assure des contrôles visuels : accessibilité, état du tuyau, lecture du manomètre, signalisation.

Le tuyau semi-rigide est une pièce d’usure soumise à une requalification périodique. Un tuyau fendillé ou déformé se remplace, il ne se répare pas.

Ce que nous fournissons, et ce que nous ne fournissons pas

GEDO distribue les RIA, les dévidoirs, les tuyaux et les lances. Nous ne réalisons ni l’étude hydraulique, ni l’installation, ni la vérification périodique : ces prestations relèvent d’un installateur qualifié, et sous référentiel APSAD R5 d’une entreprise certifiée.

Pour que nous chiffrions le matériel, transmettez-nous le diamètre nominal retenu par l’étude, la longueur de tuyau, le type de fixation — mural fixe, pivotant, sur potence, en niche —, les raccords attendus et l’ambiance du local. La comparaison des exécutions disponibles est développée sur notre page consacrée aux enrouleurs incendie, RIA et PIA.