Les deux mots sont employés l’un pour l’autre, y compris par des catalogues. Ils désignent pourtant deux matériels différents, et la distinction a des conséquences pratiques immédiates.
La différence tient à une seule pièce
Un dévidoir est un tambour qui range un tuyau ou un câble. Pour l’utiliser, il faut le dérouler entièrement, ou du moins jusqu’au point de raccordement, puisque l’alimentation se fait à l’extrémité.
Un enrouleur possède en plus un organe de liaison tournant, qui assure la continuité entre la partie fixe et le tambour qui tourne. On l’appelle raccord tournant ou joint tournant sur un enrouleur de tuyau, collecteur tournant sur un enrouleur de câble électrique. C’est lui qui permet de ne sortir que la longueur nécessaire et de travailler avec le reste enroulé.
Sans cette pièce, il faudrait débrancher le tuyau ou le câble à chaque enroulement et à chaque déroulement. C’est toute la différence entre un rangement et un poste de travail.
Comment fonctionne un raccord tournant de tuyau
Le fluide arrive par la partie fixe, traverse un passage étanche tournant, et repart dans le tuyau enroulé sur le tambour. L’étanchéité est assurée par des joints qui travaillent en rotation, ce qui en fait la pièce d’usure principale d’un enrouleur de tuyau.
Trois paramètres déterminent le choix du raccord : la pression de service, la nature du fluide et la température. Un raccord donné pour l’air comprimé et l’eau ne convient pas nécessairement à l’huile hydraulique, et un raccord de 20 bar ne se substitue pas à un raccord haute pression de 400 bar, dont les matériaux et les joints diffèrent. En version sanitaire ou pour les ambiances corrosives, le corps est en acier inoxydable.
Comment fonctionne un collecteur tournant de câble
Un collecteur transmet la puissance et les signaux d’une partie fixe vers une partie en rotation. Il est constitué de bagues conductrices, généralement en bronze ou en cuivre, montées isolées les unes des autres sur l’axe du tambour, sur lesquelles frottent des balais — en carbone-cuivre le plus souvent, en lames métalliques souples sur les petits modèles.
Chaque bague correspond à un conducteur. Un collecteur trois phases plus terre comporte donc quatre bagues ; s’y ajoutent, selon les besoins, des bagues de commande, des bagues de signal et, sur les installations récentes, des modules de transmission de données ou des passages de fibre optique.
Trois éléments doivent être précisés pour choisir un collecteur : la tension, l’intensité et l’indice de protection nécessaire. Un quatrième point est moins connu et se révèle souvent décisif : l’intensité admissible n’est pas la même à l’arrêt et en rotation, et c’est parfois la valeur la plus basse qui doit être comparée à la consommation réelle.
Ce que cela change au moment de choisir
Si le tuyau ou le câble est de toute façon déroulé en totalité à chaque usage, un dévidoir suffit et coûte moins cher. C’est le cas d’un stockage de rallonge, d’un rangement d’atelier ou d’un transport de longueur.
Dès que l’on travaille à longueur variable — un outil utilisé à deux mètres puis à huit, une machine qui se déplace, un poste desservant plusieurs points — l’enrouleur s’impose, et la question devient celle du raccord ou du collecteur adapté au fluide et à la puissance.
Une dernière remarque, valable dans les deux cas : le diamètre annoncé d’un enrouleur est celui du tuyau, pas celui du raccord. C’est une source d’erreur fréquente en commande.